Les garçons, sortez les tables ; les filles, aidez-moi à balayer la salle
Dans beaucoup de classes, cette phrase résonne encore : « Les filles, aidez-moi à balayer la salle. Les garçons, sortez les tables et les bancs. »
À la maison, les scènes se répètent : On demande aux filles de faire la vaisselle , de faire la cuisine et aux garçons on demande de laver la voiture ou de réparer un robinet.
Ces petites phrases, banales en apparence, construisent pourtant de grandes inégalités.
À l’école : des stéréotypes qui s’enseignent sans le dire
Quand un enseignant confie systématiquement aux filles les tâches de
soin ou de nettoyage, et aux garçons celles qui demandent de la force,
il transmet un message implicite : certaines activités sont «
naturellement » féminines, d’autres masculines.
Même dans les
punitions, les différences existent : les garçons sont souvent
sanctionnés plus sévèrement que les filles pour un même comportement.
Résultat ? Les filles intègrent qu’elles doivent être sages, dociles et
utiles. Les garçons, eux, se construisent dans la dureté et l’excès de
responsabilité.
Et parfois, les stéréotypes se glissent jusque dans les
félicitations. Il n’est pas rare d’entendre un enseignant dire à une
élève :
« C’est déjà très bien pour une femme. »
Une phrase qui réduit les ambitions, comme si les filles n’étaient pas capables d’aller plus loin que leurs camarades garçons.
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À la maison : un apprentissage inégal de la vie quotidienne
Les parents reproduisent souvent le même schéma :
• Aux filles, la cuisine, la vaisselle, la garde des plus jeunes.
• Aux garçons, les voitures, la sécurité, les travaux physiques et techniques.
Ces répartitions enferment les enfants dans des rôles figés. Une fille qui n’apprend qu’à « s’occuper du foyer » aura du mal à se projeter demain dans des métiers d’ingénieure, de pilote ou de cheffe d’entreprise. Un garçon qui n’apprend jamais à s’occuper de ses petits frères, à cuisiner ou à nettoyer grandira avec l’idée que ce n’est pas son rôle.
Éduquer à l’égalité, pas à « l’éducation des filles »
Il ne s’agit pas de demander aux filles de perdre leur féminité ou leur identité. Mais si nous voulons que les chances soient réellement égales dans les professions, en politique et dans la société, l’éducation doit l’être aussi — et cela commence dès le bas âge.
Donner aux filles une « éducation spéciale pour filles » est en réalité une injustice : cela revient à leur refuser des compétences et des opportunités qui leur seraient utiles demain. C’est leur faire du mal en limitant leurs perspectives dès l’enfance.
L’avenir se joue dans les gestes du quotidien
Si nous rêvons d’un futur où les filles peuvent devenir pilotes, ingénieures, scientifiques, et où les garçons peuvent aussi prendre soin, cuisiner ou enseigner, cela commence dès aujourd’hui.
Chaque enfant, fille ou garçon, doit apprendre à :
• prendre soin,
• faire la cuisine,
• ranger et nettoyer,
• mais aussi porter, construire, réparer.
Parce que l’égalité ne se décrète pas, elle s’apprend dans les petits gestes de tous les jours.
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Conclusion : changer les phrases, changer les mentalités
Au lieu de dire :
« Les filles balaient, les garçons portent les tables »,
disons plutôt :
« Aujourd’hui, tout le monde balaie. Demain, tout le monde portera les tables. »
Ainsi, nous préparons une génération d’hommes et de femmes capables de partager toutes les responsabilités, dans la maison comme dans la société.
L’égalité commence ici, dans la salle de classe et dans nos foyers.
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